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Violences contre les roms en IDF: les enfants, premières victimes de la rumeur et du racisme

29.03.2019

Suite à des rumeurs et des "fake news" relayées d'innombrables fois par les réseaux sociaux, de graves violences ont été perpétrées ces derniers jours à l’encontre des personnes Roms ou perçues comme Roms dans plusieurs villes de la région parisienne, dont Bondy et Bobigny. Les associations ont condamné ces actes racistes et appelé à une protection pérenne des personnes concernées (pour lire le communiqué, cliquer sur l'image).

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons pu constater avec désolation les effets délétères de ces violences  sur la vie des familles et la scolarisation des enfants dans le bidonville où le camion-école de l'ASET 93 est présent depuis six mois.

 

Sur ce terrain la scolarisation avait avancé rapidement. Avant les événements des derniers jours, 22 enfants étaient scolarisés, 5 devaient faire leur rentrée cette semaine à l'école maternelle, 9 étaient suivis dans notre camion-école en attente d'affectation.

 

L'accès à l'école est désormais au mieux suspendu, mais plus probablement durablement compromis pour ces 36 enfants, avec le risque que leur parcours scolaire soit brutalement interrompu, les condamnant ainsi à la précarité et à la marginalité. Comment demander d'envoyer leurs enfants à l'école à des familles qui vivent dans la terreur d’être victimes d’actes malveillants ? Beaucoup ont cherché au moins provisoirement un abri ailleurs. Les 11 enfants enfants scolarisés ou en voie de l'être qui restent encore sur le bidonville où la vie est comme suspendue, où la moindre sortie est vécue comme un danger, ne dorment plus et sont terrorisés.

 

Les directions des six établissements scolaires de la ville, informées et inquiètes de la situation, espèrent que leurs élèves pourront reprendre le chemin de l'école et compter ainsi sur la protection que la République doit assurer à tous ses enfants. En attendant, nous continuons à accueillir dans notre camion-école tous les enfants encore présents, les aidant dans la mesure de nos moyens à exprimer leur angoisse et à faire face à leur traumatisme : une sorte de modeste cellule d'accueil d'urgences des victimes d'agressions.

 

Les parents auxquels nous avons pu parler nous ont fait part de leur désespoir face à ce déferlement de haine et de racisme auquel les réseaux sociaux confèrent une ampleur redoutable. Elles se demandent pourquoi elles sont les victimes désignées de préjugés et stéréotypes aussi répandus et tenaces qu'injustifiés. « Pour nous les enfants c'est sacré, et nous avons toujours peur qu'on nous prennent nos enfants. Comment pouvez-vous imaginer que nous-mêmes on fasse pareil à d'autres parents ? »

 

Une insertion et une scolarisation réussies ne sont possibles que si la société d'accueil est ressentie comme non hostile et ne l'est pas. Nous continuerons notre travail d'accompagnement vers l'école. Mais ça ne pourra marcher que s'il va de pair avec la sécurité, la dignité des conditions de vie,  la disparition du racisme, et s'il peut compter sur le regard bienveillant des jeunes, des voisins, des parents d'élèves, des relais d'opinion.

 

 

 

 

 

 

 

 

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